Une journée en hauts et en bas

 

 

En me levant ce matin, lorsque j’ai vu la neige tomber a gros flocons sur la ferme, je me suis dit «peut importe le temps, on part ! ». Il faut dire que, comme à chaque fois que je prévois une randonnée d’une journée avec un âne, j’avais bloqué la date de longue date, d’autant plus que Maëlle, une de mes cousines (qui est fan de chevaux et qui est déjà venue nous donner des coups de mains à la ferme ) avait réservé la journée. En plus c’était censé être un grand jour puisque nous devions tous le deux partir avec les deux ânes pour initier Grisette au «Grand tour » (plus de 17 km dans les 6 villages de Floreffe) avec des passages franchement pas faciles pour des ânes (ponts routiers au dessus de la Sambre, passage sous ponts ferroviaires, escaliers,…) pour la préparer pour les deux stages d’été pour ados et adultes. Deuxième mauvaise surprise, c’était que Cadichon devait rester à la ferme pour assurer une séance d’asinothérapie durant l’après-midi.J’étais donc face a un dilemme : soit emprunter le circuit initialement prévu quitte a devoir modifier notre itinéraire ou alors prendre un autre itinéraire, bien plus facile mais renoncer à tester l’ânesse sur un terrain plus difficile.

L’heure du départ sonne déjà et je décide de faire confiance a ma compagne de chemin : elle est capable de passer les embûches sur notre chemin. Nous partons donc e route sous un soleil déjà radieux.

Première «difficulté» rencontrée : La Sambre. Il y a quelques mois, cette rivière aux allures fluviales était inapprochable. Ici c’est plus les barrières de chantier de la future «Halte fluviale» qui a inquiété notre compagne de route. Nous pouvions donc nous engager sur le halage (et passer les quelques ponts de chemins de fer de la dorsale wallonne).

Globalement, je reste du trajet su fait sans aucune encombre. Même le passage du premier des deux ponts au dessus de la Sambre. Nous voila a midi, aux alentours du kilomètre 6.50. La grisette montre toute l’étendue de ce quelle sait mieux faire : n’importe quoi : fouiller nos sacs a la recherche de nourriture, faire mine de boire dans ma gourde ou essayer de mendier des morceaux de tartines…

Plusieurs fois nous éclatons de rire devant ses «âneries».

Tout suite après le départ, une des plus belles difficultés du jour : un passage étroit entre deux clôtures (dont une en fil de fer barbelés) qui débouche entre deux parties d’une noue (ancien méandre de la Sambre qui est toujours rempli d’eau). Comme à chaque fois la technique est la même : On prend le temps pour laisser l’âne tâter le terrain, passer devant lui pour lui montrer le chemin a suivre. Si ça ne suffit pas, un des deux humains avance plus loin en appelant. Et si elle bloque vraiment, un petit bout de carotte posé par terre a tôt fait de faire avancer notre compagne du jour (mais je l’utilise qu’en dernier recours histoire quelle ne s’y habitue pas, les ânes sont capables de simuler la peur pour avoir à manger…).

Nous attaquons donc la seconde partie de notre balade en retrouvant à nouveau les bords de la Sambre. Un peu plus loin, nous arrivons devant des silos à Grains de la SCAM (Société Coopérative Agricole de la Meuse) où une grue charge du grain dans une péniche. Nous voyant arriver, le grutier arrête son imposante machine, mais rien n’y fait : impossible d’avancer. Il faut dire pour la décharge de Grisette que même moi je suis pas super rassuré de passer sous ces «mâchoires» à grain qui font sûrement plusieurs dizaines de mètres cubes. Je fais signe à l’ouvrier de continuer son travail. Après tout, ça peut durer longtemps. Finalement, comme à chaque fois la situation se débloque d’elle même. En passant sous la grue, je remarque pourquoi le grutier s’était arrêté : il était entrain de nous filmer… Tant mieux cela lui fera un souvenir.

Nous quittons ensuite le bord de Sambre et partons dans la partie la plus vallonnée du parcours : en 1 Km 600 nous allons passer du niveau de la Sambre (80 m d’altitude) a la «Tienne Saint Roch» entre Malonne et Buzet, à 200 mètres d’altitude mètres, soit un pente de plus ou moins 7% sur 1 km et demi (avec des pointes aux alentours de 20%) . C’est pas le Tourmalet mais il s’agit, comme souvent dans nos régions, d’une montée «sèche» toujours plus difficiles à aborder qu’un col montagnard de plusieurs heures d’ascension. Dans la montée, nous croisons un groupe d’enfants d’une école voisine qui ramasse des déchets dans le cadre de l’action «Grand nettoyage de printemps». Une chouette discussion  en suit avec les instituteurs (pourquoi on marche, qui est l’âne, d’où on vient…). L’occasion de faire une petite pause…

Arrivés au point culminant de notre balade qui se poursuit sous un ciel toujours aussi bleu, je suis, comme a chaque fois pris pas la beauté et la profondeur de ce paysage. On l’oublie parfois à force que l’indusie du tourisme de masse nous vende des voyages a l’autre bout du monde, mais notre pays est tout aussi beau qu’un autre. Comme l’a dit marcel Proust dans la Prisonnière  : «Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est».

La fin du trajet se fait sans beaucoup de problèmes, à part un refus total (même après une 15 minutes d’essais infructueux) au moment de d’emprunter une dernière fois un petit sentier forestier qui démarre le long d’un ruisseau et qui aboutit sur un pont de bois. Qu’a cela ne tienne, nous empruntons la nationale qui relie Buzet a Floreffe sur quelques centaines de mètres. Il faudra revenir avec Cadichon et travailler cela.  Nour rentrons donc sur Robersart en reprenant une belle dénivelée (8.50% sur 900 mètres).

Ce fut vraiment une journée qui nous a menés de haut en bas : d’abord avec la météo. Aurions-nous pu imaginer le matin même alors que les températures flirtaient avec le zéro sous les averses de neige,  que nous allions approcher des 10° et avoir un grand soleil durant toute la journée. Et puis aussi sur le terrain même avec ce relief et ces paysages incroyables. Et puis surtout Grisette, dont je n’étais pas vraiment sûr a 100% qu’elle pourrait aller au bout. Et finalement si (bon finalement elle a quand même eu un peu mal au postérieur droit mais ça semble être passé). Il faudra continuer pour être prêt pour cet été.

A bientôt.


Merci à Maëlle pour certaines photos. Pour nous aider dans notre projet, j’ai lancé une cagnotte en ligne sur https://www.leetchi.com/c/pour-du-materiel-pour-nos-anes Cette cagnotte permettra d’acheter le matériel pour Grisette et des sacoches pour les deux ânes.

mars 22, 2018

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